Judo : les actualités du judo en France et dans le monde - Interview

Ronda Rousey : 'aux mondes, je peux surprendre' Interview / jeudi 7 juin 2007 / source : alljudo.net


Rencontrée par hasard sur le web, la jeune championne US Ronda Rousey a accepté de répondre aux questions de alljudo.net.

Ta mère - Anne-Marie Rousey – a été championne du monde de judo : a-t-elle joué un rôle déterminant dans ta carrière ?
Ma mère est la principale raison qui m’a poussée à commencer le judo. Parfois en tant qu’Américaine c’est très décourageant de combattre au niveau international, car nous n’avons pas de très bons résultats en judo. Mais c’est très inspirant d’avoir sa propre mère qui a été championne du monde, l’avoir près de moi me rappelle qu’il est toujours possible de devenir le meilleur malgré les désavantages.

Comment fonctionne ta collaboration avec ton entraîneur Jimmy Pedro ?
Jimmy est un coach impressionnant. Il a commencé à travailler avec moi lorsque j’avais 16 ans, en 2003, avant que je n’ai eu le moindre résultat international, c’est pour cela que j’ai une grande confiance en lui. En 2004, j’ai emménagé avec lui et sa famille, pour préparer les Jeux Olympiques, et il a pris grand soin de moi. Je n’ai jamais rencontré une personne qui connaissait mieux la tactique du judo que lui. Je me sens vraiment heureuse qu’il m’accompagne, car je ne dois pas être facile à entraîner parfois ;-)

Quels sont les judokas qui t’ont le plus impressionné ?
Jimmy Pedro est mon héros depuis que j’ai commencé le judo, et je me suis presque évanouie lorsque j’ai été invitée à venir m’entraîner avec lui. Les autres judokas que j’admire sont Flavio Canto, Yordanis Arencibia, Keiji Suzuki, Dmitri Nossov, Yvonne Bonisch et Tiago Camillo.

Quel est ton sportif préféré ? Pour quelle raison ?
Lance Amstrong est mon favori. A 16 ans je me suis déchiré un ligament du genou et j’ai été anéantie. Ma mère m’a dit de lire son livre, et son come-back après son cancer m’a vraiment inspiré. Son histoire m’a donné confiance pour revenir me battre. De plus il a réussi dans un sport dans lequel les américains n’ont habituellement pas de bons résultats et cela m’inspire également.

Cet hiver tu as connu des résultats en dents de scie lors de ta tournée européenne. Quels enseignements tu en retires ?
J’ai appris que plus j’ai du plaisir à pratiquer le judo, plus mon niveau de performance est bon. J’étais arrivée à un point où il fallait que je perde tant de poids pour arriver à 63 kg, que cela me coûtait tant de temps et d’énergie que je commençais à détester le judo. Dès que je suis passée en moins de 70 kg, j’étais simplement contente de combattre, de donner le meilleur de moi-même pour ma propre satisfaction sans penser aux obligations par rapport à l’entourage.

Cela signifie-t-il que tu vas définitivement changer de catégorie ?
Oui. Je pense qu’un bon judoka ne doit pas chercher à combattre dans la catégorie la plus facile, mais qu’il doit au contraire trouver la catégorie dans laquelle il se sent fort et y rester. Dans quelques années quand je regarderai ma carrière je n’ai pas envie d’avoir le souvenir de misérables régimes, je veux me rappeler que je m’entraînais dur, que je donnais le meilleur, et que j’ai vécu de grandes expériences en faisant cela.

Quels sont les secteurs dans lesquels tu dois progresser ?
Mes principales défaites depuis 2005 ont été subies contre des cubaines gauchères. En ce moment Jimmy m’initie à des pratiques de lutte, dans lesquelles il faut beaucoup défendre, et il me fait également travailler ma saisie face aux gauchères. Biensûr mes techniques debout nécessitent également beaucoup de travail, mais maintenant que j’ai été opérée du genou et que je vais retrouver tous mes moyens il me sera possible de travailler d’avantage mes techniques.

Quels sont tes objectifs lors des prochains championnats du monde ?
Dans ma meilleure forme je peux surprendre beaucoup de monde et tout gagner. J’ai toujours voulu remporter la même compétition que ma mère. Mais au minimum je veux finir suffisamment bien pour qualifier la catégorie aux jeux olympiques, c’est mon principal objectif. J’essaye de faire tout ce qui est possible pour devenir la première américaine championne olympique de judo.

Les Japonais incarnent le judo traditionnel, les Russes sont plus influencé par la lutte tandis que les Européens sont quelque par entre ces deux tendances. Quels sont les influences du judo américain ?
C’est une question intéressante. Une grande partie des judokas américains essayent de copier les Japonais, et, je pense, qu’ils n’y parviennent pas vraiment car lorsque vous copiez le style de quelqu’un vous ne pouvez espérer devenir meilleur que ce modèle. Si l’on considère les judokas américains qui ont eu le plus de succès internationaux (ma mère, Jimmy Pedro et Mike Swain) ils avaient en commun un très bon ne-waza, et ils étaient de grands tacticiens. Du coup lorsqu’ils rencontraient des judokas plus forts qu’eux techniquement, ils savaient comment combattre pour gagner. De manière plus générale, le judo US n’a pas de système de travail coordonné pour les athlètes, et de ce fait il y a des styles très différents à travers le pays.

Que penses-tu du judo français ?
Je pense que le judo français possède un système impressionnant pour le développent et l’entraînement des athlètes et je souhaiterai vraiment avoir les mêmes opportunités que les judokas français. Ils ont certainement les meilleures conditions d’entraînement au monde. La popularité du judo en France est bien plus grande que ce que l’on pourrait simplement espérer aux USA, les encouragements et le patriotisme sont époustouflants. J’ai très envie de revenir en France.

Penses-tu quitter les USA pour pouvoir mieux progresser ?
Je dois admettre que cela m’a déjà traversé l’esprit. La fédération US est si désorganisée que cela devient vraiment frustrant. Il y aussi les choix politiques des USA et les guerres que je désapprouve, mais je pense vraiment que les Américains ont un bon fond et qu’ils essayent seulement de faire ce qu’ils estiment juste. Je suis extrêmement fière de les représenter au judo, même si la moitié du pays ne sait pas ce qu’est le judo. Pour moi ce ne serait pas très américain de choisir la facilité en combattant pour un autre pays.

Le CV de Ronda Rousey



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