Années 70 : la génération qui a propulsé le judo français

Judo : les actualités du judo en France et dans le monde / Article / mardi 16 juin 2026 / source : alljudo


Si la France a construit sa réputation de place forte européenne dès les années 50 et 60, c'est au cours des années 70 qu'elle s'est hissé au plus haut niveau mondial. Des premiers exploits lors des JO de Munich 1972 jusqu'au feu d'artifice des mondiaux de Paris en 1979, retour sur ces pionniers qui ont permis au judo tricolore de s'asseoir à la table des plus grandes nations.

1972 : Jean-Jacques Mounier, le premier médaillé olympique

Présent comme sport de démonstration aux Jeux de Tokyo en 1964 avec quatre catégories, le judo fait son retour en 1972 à Munich avec deux catégories supplémentaires. Revenus bredouilles de Tokyo, les Français ont entre-temps remporté leur première médaille mondiale, en 1971, grâce à Guy Auffray (3e en -80kg). Triple champion d'Europe en titre lors des Jeux Olympiques de Munich, Jean-Jacques Mounier décroche le bronze. Une médaille au goût amer, puisqu'en demi-finale il est battu par le Mongol, champion du monde sambo, qui sera par la suite disqualifié dopage. Mais cette médaille met l'équipe de France sur les rails, puisque Jean-Paul Coche remportera le bronze en -80kg et Jean-Claude Brondani obtiendra également le bronze en toutes catégories. Avec ces trois médailles, la France se classera 9e au tableau des nations, et 3e au nombre de médailles. Le judo s'affirme comme un pourvoyeur de médaille pour l'équipe de France olympique, qui n'en remporte que 13 au total.

1975 : Jean-Luc Rougé brise le plafond de verre

Le 23 octobre 1975, restera à jamais une date marquante dans l'histoire du judo français. Ce jour-là, à Vienne, Jean-Luc Rougé devient le tout premier champion du monde de l'histoire du judo tricolore, en battant le Japonais Ishibashi. Plus qu'une médaille d'or, Rougé apporte un déclic psychologique aux judokas de sa génération : oui, les Français peuvent battre les Japonais lors d'un grand championnat. Combattant puissant, grand pour l'époque, leader naturel, il a fait une grande partie de sa carrière dans la catégorie des mi-lourds, mais également obtenu des succès importants en lourds et toutes catégories.

ll a ensuite été entraîneur national, directeur technique, directeur général et président de la Fédération Française de Judo. Il fait partie des rares 10e dan du judo mondial.

1975 : Jean-Paul Coche, premier médaillé mondial et olympique

Si Jean-Luc Rougé a été le premier à décrocher l'or mondial, Jean-Paul Coche a été l'un de ses plus réguliers compagnons de route et un formidable combattant. Évoluant chez les -80 kg, Coche était un compétiteur redouté pour son engagement total et son judo sans concession. Sa rivalité sur le plan national avec Guy Auffray, le premier médaillé mondial français en 1971, l'aura forcément poussé à se sublimer, ne serait-ce que pour obtenir des sélections en équipe de France.

Il est le premier judoka français à avoir été médaillé olympique (3e en 1972) et mondial (3e en 1975). Triple champion d'Europe, il a insufflé une culture de la gagne au sein du groupe France, puis à Marseille où il est retourné à l'issue de sa carrière, notamment au sein du Sport-Armée.

1976 : Patrick Vial, pour l'ensemble de son oeuvre

Seul médaillé français (3e en -70kg) lors des Jeux Olympiques de Montréal en 1976, l'influence de Patrick Vial ne s'arrête pas à sa carrière de judoka. Spécialiste notamment des ashi-waza et de yoko-tomoe-nage, il poursuivra sa carrière dans le judo comme entraîneur, cadre technique et arbitre international. Il fait partie des grandes figures du judo français.

1979 : Thierry Rey, le météore des super-légers

À la fin de la décennie, une nouvelle génération de judokas décomplexés pointe le bout de son nez, et Thierry Rey en est la figure de proue. Engagé dans la toute nouvelle catégorie des super-légers (-60 kg), il apporte un vent de fraîcheur, et devient champion du monde en 1979 à tout juste 20 ans, devant le public survolté du Stade Pierre-de-Coubertin à Paris. Ce titre planétaire marque l'apothéose du judo français des années 70 et annonce en fanfare son titre olympique à venir l'année suivante.

Paris 1979 : Le point d'orgue d'une génération

S'il y a un événement qui symbolise l'apothéose du judo français des années 70, ce sont bien les Championnats du Monde de 1979. Devant un public en fusion, l'équipe de France signe un bilan historique avec 6 médailles, s'affirmant comme la deuxième puissance mondiale derrière le Japon.

Au-delà du titre de Thierry Rey et des deux podiums de Jean-Luc Rougé (2e en lourds, 3e en toutes catégories), cette édition consacre la densité et la maturité exceptionnelle de cette génération à travers trois médailles d'argent. Yves Delvingt (en -65 kg), Michel Sanchis (en -86 kg) et le regretté Bernard Tchoullouyan (en -78 kg). Pour Tchoullouyan, battu seulement par le légendaire Shozo Fujii, cette médaille ne restera pas un coup d'éclat ponctuel, puisqu'il enchaînera avec une médaille olympique en 1980 et un titre mondial en 1981.

1980 : Angelo Parisi, le premier champion olympique des lourds

L'histoire d'Angelo Parisi avec la France commence au milieu des années 70. Né en Italie, ayant grandi en Angleterre (pays pour lequel il décroche le bronze olympique en 1972), il choisit de représenter la France après son mariage avec une Française. Doté d'une agilité et d'une vitesse exceptionnelles, Parisi révolutionne le judo des lourds avec ses mouvements d'épaule à droite et à gauche, sa garde mixte, et son judo de mouvement. S'il domine l'Europe à la fin des années 70, il offre au judo français sa consécration absolue lors des JO de 1980 à Moscou en devenant le premier français champion olympique des lourds. Un titre que la France remportera ensuite à cinq reprises lors des dix Jeux Olympiques suivants, grâce à David Douillet et Teddy Riner.

Contrairement aux casinos en ligne comme spinboss casino, au judo il n'y a pas de hasard. Si le judo français a décollé durant cette période, ce n'est pas dû à l'éclosion d'une génération spontanée, mais en raison d'un travail de fond au niveau des structures, des clubs, de la formation, de l'entraînement, du haut-niveau...

A l'avance on s'excuse si des judokas marquants de cette génération ont été oublié



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