Influence des shidos : ce que dit cette étude parue en 2026

Judo : les actualités du judo en France et dans le monde / Article / samedi 15 aout 2026 / source : alljudo


Une étude publiée en 2026 dans Scientific Reports par Tzai-Hung Wen, chercheur au programme de statistiques de la National Taiwan University, propose d'étudier le lien entre les shidos pris par l'adversaire et le moment où on l'emporte par ippon.

Pour y répondre, Wen a exploité les données des combats des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 et Paris 2024, ainsi que des Championnats du monde 2021-2024, à l'aide de modèles de survie de type Weibull. cette étude statistique (1xbet) distingue deux moments : la phase qui suit le premier shido adverse, et celle qui suit le second.

L'arme de l'outsider

Ce que dit l'étude a une conséquence très concrète pour les judokas moins bien classés. Tant que l'adversaire n'a qu'un seul shido, être mieux classé aide encore un peu à faire durer le combat avant l'ippon. Mais dès que l'adversaire reçoit un deuxième shido, cet avantage du classement disparaît : à ce stade, le classement ne compte plus vraiment pour expliquer la suite du combat. L'avantage du favori s'efface donc à mesure que les pénalités montent.

Pour un outsider, cela dessine une vraie stratégie : plutôt que de craindre le combat contre un adversaire mieux classé, il a intérêt à chercher à faire monter les pénalités, et à entrainer le combat au golden score.

Le 2e shido, point de bascule stratégique

Le deuxième shido concédé par le perdant du combat agit comme un vrai point de bascule dans l'étude de Wen. En effet à partir du deuxième shido, le classement des deux judokas n'a plus aucun effet mesurable sur la suite du combat. Seul le fait d'être en golden score compte vraiment.

Ce basculement est la vraie découverte de l'étude : jusqu'au premier shido, le niveau des deux judokas pèse encore sur la façon dont le combat va se dénouer. Une fois le deuxième shido tombé, ce n'est plus le cas. C'est ce moment précis que Wen désigne comme le point où la partie change de nature.

Catégorie de poids et durée du combat

Dans les catégories les plus lourdes, le combat se termine plus vite par ippon une fois qu'un shido a été donné, comparé aux catégories plus légères. Ce constat se vérifie également après le deuxième shido. L'étude ne cherche pas à expliquer précisément pourquoi, mais elle relie ce résultat à des travaux antérieurs montrant que chaque catégorie de poids a ses propres caractéristiques.

Les limites de l'étude

- Elle ne tient compte que les combats qui se terminent par un ippon. Les autres façons de gagner ne sont pas étudiées  alors qu'elles pourraient faire émerger d'autres logiques.

- L'étude ne dispose d'aucune donnée fine sur ce qui se passe réellement pendant le combat : la fatigue des judokas, qui domine à la garde, la durée des séquences... L'étude se limite donc à certains facteurs (temps, shidos, classement, catégorie) sans tenir compte de ce qui se passe sur le tapis.

- L'échantillon ne couvre que le plus haut niveau mondial : Tokyo 2020, Paris 2024, et les Championnats du monde 2021-2024. L'auteur précise lui-même que la façon de gérer les pénalités pourrait être différente à des niveaux de compétition inférieurs.

Source :

Wen, T.-H. Modeling how penalty sequences influence decisive scoring in elite judo. Scientific Reports 16, 15579 (2026).
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