Le système des "dan" en judo

Judo : les actualités du judo en France et dans le monde / Article / lundi 17 mars 2025 /


Les ceintures au judo représentent visuellement le niveau d'expertise du judoka et son parcours dans la discipline. Dan, kyus, nombre de dan... on vous explique tout.

Le principe de grade

Le grade de Judo symbolise les valeurs de l’esprit et du corps : shin-ghi-tai (esprit, technique, efficacité). La partie sportive « TAÏ » est une condition incontournable en particulier du premier au quatrième dan inclus – mais qui ne se suffit pas à elle-même : d’autres valeurs essentielles doivent toujours entrer en ligne de compte. Avec le temps, les valeurs évoluent : L’expérience par la pratique rend le TAI moins efficient. Le GHI est une valeur qui s’acquière de différentes façons et sur le long terme. Le SHIN est la valeur fondatrice des deux autres.

La pyramide des dan au judo

Au judo, il existe officiellement 10 niveaux de dan que les pratiquants peuvent atteindre au cours de leur vie de judoka.
- Du 1er au 5ème dan le judoka porte une ceinture noire
- Du 6ème au 8ème dan le judoka porte une ceinture rouge et blanche
- Les 9ème et 10ème dan portent une ceinture rouge

Jigoro Kano a obtenu le 11e dan, et à titre posthume le 12e dan matérialisé par un large ceinture blanche. Les dan ne sont pas simplement des grades techniques mais représentent également le niveau d'expertise, l'engagement et la contribution d'un judoka à son sport.

Points clés concernant les dan au judo :

  • Le système des dan commence après l'obtention de la ceinture marron (1er kyu)
  • Le premier dan correspond à l'obtention de la ceinture noire
  • Les dan supérieurs (6ème et au-delà) peuvent être attribués en reconnaissance de contributions exceptionnelles au judo
  • Le Kodokan et la Fédération Internationale de Judo sont les seuls à pouvoir décerner le grade de 10ème dan.

Le 10ème dan : une distinction exceptionnelle dans le monde du judo

Le 10ème dan représente la reconnaissance ultime du monde du judo. Cette distinction exceptionnelle est réservée aux judokas ayant fait preuve d'une contribution remarquable au développement et à la promotion du judo à l'échelle mondiale. Symbolisé par la ceinture rouge, très peu de judokas ont été honorés de ce grade ultime.

Le Kodokan (l'école fondée par Jigoro Kano) a décerné le 10ème dan à une quizaine de Japonais au cours de son histoire, tandis que la Fédération Internationale de Judo a également attribué ce grade prestigieux à quelques non-Japonais pour leur contribution exceptionnelle à la discipline. Parmi eux, on peut citer : Charlie Palmer (Royaume-Uni), Anton Geesink (Pays-Bas) ou encore Franco Capelletti (Italie). En France, deux judokas ont reçu cette distinction : Henri Courtine, en 2007 et Jean-Luc Rougé en 2024.

Jigoro Kano a octenu le 12e dan à titre posthume, symbolisé par une ceinture blanche large - bouclant ainsi le cercle de l'apprentissage en revenant symboliquement au statut de débutant, illustrant l'humilité et la philosophie du judo qui considère que l'on n'a jamais tout appris.

Dommage qu'il n'y ait pas de Paris sportif sur ce sujet, car il y aurait fort à parier que ce grade ne sera plus jamais atteint. Les joueurs invétérés pourront toujours se consoleren se rendant sur les nouveaux casinos en ligne.

Qu'est-ce que les Kyus ?

Alors que l'on compte en dans à partir de la ceinture noire, on parle de kyus pour les ceintures de couleurs. A l'origine du judo, ceux-ci n'existaient pas. Il y avait la ceinture blanche, la ceinture marron puis la ceinture noire 1e dan. La ceinutre marron représente le 1er kyu puis on continue de compter en descendant de grade :

  • 2e kyu : bleue
  • 3e kyu : verte
  • 4e kyu : orange-verte
  • 5e kyu : orange
  • 6e kyu : jaune-orange
  • 7e kyu : jaune
  • 8e kyu : blanche-jaune
  • 9e kyu : blanche

Le système de ceintures colorées n'est pas originaire du Japon mais a été inventé en Angleterre dans les années 1920. Ce système a ensuite été introduit en France par le professeur Mikinosuke Kawaishi (10e dan), contribuant significativement à la diffusion du judo en Europe.

La progression vers les dan commence après le passage par le système des kyu (grades inférieurs), représentés par les ceintures de couleur allant de la blanche à la marron. Une fois la ceinture noire obtenue, le judoka entre dans le système des dan.

Aspects importants concernant les ceintures et les dan

Le contraste entre la ceinture blanche du débutant et la ceinture blanche large du 12ème dan (attribuée uniquement à Jigoro Kano) illustre parfaitement la philosophie circulaire du judo : le maître ultime revient symboliquement au statut de débutant, reconnaissant qu'il n'a jamais tout appris.

Les ceintures des hauts grades (rouge et blanche) ne sont généralement pas portées en compétition mais plutôt lors de cérémonies ou lors d''enseignements. En France, on compte environ 38 000 ceintures noires actives, avec plus de 100 000 décernées depuis la création de la Fédération Française de Judo.

Le parcours pour obtenir un dan

L'obtention d'un dan au judo représente un accomplissement significatif qui requiert dévouement, persévérance et excellence technique. Contrairement aux grades kyu qui sont attribués par les professeurs au sein des clubs, les dan suivent un système d'examens organisés directement par les fédérations.

Pour le 1er dan (ceinture noire), il existe deux voies principales :
- La voie de la compétition, comprenant un examen de katas, l'obtention de points en compétition et un examen d'arbitrage
- La voie de la technique, qui porte sur les katas, les techniques debout et au sol, les techniques de ju-jitsu

Pour l'obtention des dan suivants il existe un délai qui augmente à mesure que le judoka devient de plus en plus gradé. A noté qu'il existe des grades à titre exceptionnel donnés aux champions de niveau international.

L'évolution historique du système des dan

Le système des dan dans le judo, bien qu'enraciné dans la tradition japonaise, n'est pas une structure figée. Il a connu plusieurs évolutions significatives depuis sa création par Jigoro Kano à la fin du 19ème siècle, s'adaptant aux réalités internationales du judo moderne tout en préservant ses fondements essentiels. L'évolution du système des dan peut être observée à travers plusieurs aspects importants :
Standardisation internationale : Avec la mondialisation du judo, les fédérations internationales ont travaillé à harmoniser les critères d'attribution des dan pour assurer une reconnaissance universelle des grades, quel que soit le pays d'origine du judoka.
Diversification des parcours d'accès : Initialement basé principalement sur les performances en compétition, le système s'est progressivement ouvert à différentes voies d'obtention (technique, enseignement, contribution au développement) permettant à un plus grand nombre de pratiquants d'accéder aux dan.
Intégration de la formation continue : De nombreuses fédérations nationales ont mis en place des programmes de formation continue pour les hauts gradés, maintenant ainsi leur niveau d'expertise et les encourageant à approfondir constamment leurs connaissances.
Adaptation aux évolutions techniques : Le système des dan a intégré l'évolution des techniques et des méthodes d'enseignement du judo, préservant la tradition tout en s'ouvrant aux innovations pertinentes.
Reconnaissance des contributions non-techniques : Les dan supérieurs (6ème et au-delà) reconnaissent désormais explicitement les contributions au développement du judo au-delà des seules compétences techniques, valorisant ainsi l'engagement global dans la discipline.

Cette capacité d'adaptation reflète parfaitement les principes mêmes du judo formulés par Jigoro Kano : "Seiryoku Zenyo" (utilisation optimale de l'énergie) et "Jita Kyoei" (prospérité mutuelle). Le système des dan évolue avec son temps tout en préservant l'essence de la discipline.

Le rôle fondamental du dan dans le développement personnel et communautaire

Le système des dan dans le judo constitue un pilier essentiel qui structure à la fois le parcours individuel du judoka et l'organisation sociale de toute la discipline. Cette hiérarchie traditionnelle apporte des bénéfices considérables aux différents niveaux de pratique. Pour le développement personnel, chaque progression vers un dan supérieur forge le caractère du judoka en développant des qualités fondamentales comme la persévérance et l'humilité.

Apports du système des dan

Apport individuelle Cadre structuré de progression, objectifs échelonnés, reconnaissance des efforts
Apport technique Acquisition méthodique des compétences, perfectionnement constant, maîtrise croissante
Apport communautaire Hiérarchie respectueuse, transmission organisée, préservation des traditions
Apport sociale Mentorat entre niveaux, sentiment d'appartenance, perpétuation des valeurs

Au niveau communautaire, les dan établissent des relations de respect mutuel où chacun trouve sa place. Cette structure permet de préserver l'héritage technique et philosophique du judo. Cette double dimension reflète parfaitement la vision de Jigoro Kano, qui concevait le judo non comme une simple méthode de combat, mais comme un outil éducatif complet visant le développement intégral de l'individu et la prospérité mutuelle, selon le principe "Jita Kyoei". Ainsi, le judo transcende le statut de simple sport pour devenir une véritable voie de développement personnel et d'harmonie sociale.



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