Judo : les actualités du judo en France et dans le monde - En bref

Frédéric Dambach viré du PUC En bref / samedi 10 aout 2019 / source : alljudo


L'un de nos plus brillants experts Frédéric Dambach (6e dan), reconnu internationalement pour la qualité et la singularité de son travail technique, a été viré du PUC dans des circonstances qu'il détaille à travers une lettre. Une pétition de soutien en ligne est disponible.

Lettre de M. Frédéric Dambach :

Chers amis,
Je suis viré.
Comme vous le savez j'enseigne au PUC, et ce depuis 8 ans.
Ce 26 juillet dernier, la présidente de la section JUDO du PUC, Véronique Rousseau, m'a invité à déjeuner pour m'annoncer entre la poire et le fromage, (quelle élégance !) que mon cours était supprimé à la rentrée et que j'étais viré. De retour chez moi, je n'ai pu que constater que le site du club avait déjà été modifié et mon nom supprimé de la liste des intervenants du PUC.
Cette annonce un tantinet « cavalière » (je vous laisse trouver un qualificatif plus approprié) met un point final à une entreprise de discréditation visant ma personne et le judo que je promeus, commencée voilà 16 mois.
Retour en arrière : Le 30 janvier 2017, Véronique Rousseau déclare lors de la cérémonie organisée au PUC à l'occasion de mon 6eme dan, en présence du président du PUC et de Jean Pierre Tripet :

Fred () utilise avec génie et élégance la force centrifuge pour projeter son partenaire : c'est Le spécialiste du judo en cercle. Le judo qui est la voie de la souplesse prend tout son sens lorsque Fred évolue sur les tatamis....Nous sommes ravis Fred de t'avoir recruté pour partager et transmettre au Puc les valeurs du judo qui nous animent tous.
Mais un renversement de « stratégie marketing » a eu lieu courant 2017.
Véronique Rousseau m'a tout d'abord demandé à plusieurs reprises de faire des cours « plus fun » pour élargir la clientèle. En l'absence de directive plus précise et ne disposant pas de judogi à paillette, je n'ai pas pu me conformer à ces instructions.
La pression s'est alors faite plus directe : au repas de fin d'année de la section, en présence des autres professeurs, du bureau et d'un responsable du PUC général, en réponse à ma demande de voir les adolescents intégrer progressivement mon cours, Véronique Rousseau m'a répondu : «Fred, les ado ne viennent pas et ne viendront jamais à ton cours car ton cours est chiant. »
Elle a réitéré ces propos lors d'une conversation avec l'un de mes élèves, Geoffrey Lefebvre, à qui elle a dit, lors de l'AG du PUC général : « les cours de Fred sont chiants ».
Cette analyse objective et hautement professionnelle, faite par une ancienne internationale, par définition experte en judo, que j'ai d'ailleurs eu l'occasion d'entrainer à l'époque, débouche donc aujourd'hui sur mon évincement, mon cours étant remplacé par un cours de SELF DEFENSE, REMISE EN FORME et RENFORCEMENT MUSCULAIRE.
Mes élèves ont été choqués par cette décision unilatérale prise sans aucune concertation, et qui, bien sûr, n'a fait l'objet d'aucune communication auprès des adhérents, dont certains ont déjà renouvelé leur adhésion pour un cours qui n'existera plus l'année prochaine... encore une fois, quelle élégance ! Ils ont écrit à Véronique Rousseau et au Président du PUC pour demander le maintien de mon cours à son horaire habituel et ont lancé immédiatement une pétition en ligne en ce sens qui a recueilli, à ce jour, plus de cent signatures.
Les autres professeurs ne comprennent pas non plus cette décision, notamment le plus anciens des professeurs du club, Bernard Jardin, qui ose prendre position et écrit à Véronique Rousseau :
« ... j'estime préjudiciable, dans l'intérêt de la section et des élèves, la suppression en l'état, purement et simplement, du cours traditionnel de judo assuré jusque-là le mardi par Fred. »
Effectivement, la suppression de mon cours entrainera, de fait, la disparition de la section judo adulte.
En huit ans, j'ai fait prospérer une section aujourd'hui composée d'une quarantaine d'adultes, passionnés comme moi, et pour la plupart ceintures noires. Avoir entre 20 et 25 gradés à chaque cours est (malheureusement), à notre époque, chose rare et précieuse. C'est peu, j'en conviens, mais vous savez comme moi combien il est difficile de garder les adultes, de proposer une activité épanouissante et respectueuse de leurs articulations. J'y parviens en proposant tout simplement l'étude du Judo, dans toutes ses dimensions et subtilités.
Mais qu'est-ce que quarante ou cinquante judokas face à une soi-disant « stratégie de diversification », qui se révèle « stratégie de destruction » ?
Car au-delà de ma personne, c'est le Judo que l'on maltraite. Aujourd'hui, tout se juge à l'aune des licences et donc de la diversification. Ju-jitsu, Remise en forme, Renforcement musculaire, tout est bon pour enrayer, espère-t-on, la chute de notre discipline. Il faut être « original », « fun », la compétence et la qualité passeront après ! Comme si c'était si simple !
Je veux continuer à enseigner librement et promouvoir le judo que j'aime, que nous aimons.
Vous pouvez m'y aider en associant vos voix à celles de mes élèves, soit par un message personnel dont je pourrai faire état, soit en signant la pétition mise en ligne avec un commentaire et en la partageant (twitter, facebook) si vous le souhaitez : https://www.unepetition.fr/maintien-planning-enseignants-puc-judo
Amicalement
Frédéric Dambach

 



Réagir à cet article

  • AXLEMAN - le 10/08/2019 à 02:19

    C'est sur! Quel manque de tact, d'objectivité dans un sport qui prône le respect...et ce faux discours. Bien pendant la cérémonie et pas bien en off. C'est comme si on disait de Mme Rousseau:- vos programmes et conseils diététiques sont nuls!Ainsi va la vie du "nouveau" marketing judo.Le problème, en effet, c'est le devenir de ce groupe d'adultes mis à la porte d'une certaine façon!