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Teddy Riner, champion olympique en 2020 ? Article / mardi 28 novembre 2017 / source : alljudo


La question peut paraître saugrenue, tant le Français domine la catégorie des lourds depuis dix ans. Mais physiquement le compte à rebours a déjà commencé pour Teddy Riner qui confessait récemment que son corps était usé et qui devra faire face à une opposition plus forte en 2020.

Avec ses dix titres mondiaux, ses deux titres olympiques et son invincibilité depuis 7 ans, l’icône du judo français semble invincible. D’ores et déjà favori pour les JO de 2020, les parieurs du site Casino 777 n’hésiteront pas à miser sur celui qui pourrait devenir le second triple champion olympique de judo, après le Japonais Nomura.

Une domination totale
Deux défaites dans toute sa carrière en championnats internationaux - sans avoir concédé de ippon -, une démonstration de sa toute-puissance il y a moins d’un mois lors des championnats du monde Open à Marrakech, et des adversaires toujours à la recherche de la bonne formule pour le battre, Teddy Riner domine sa catégorie comme seul Yamashita l’avait fait avant lui. A l’heure actuelle, donc, rien ne peut laisser penser qu’il ne sera pas champion olympique en 2020 à Tokyo. Mais la vérité de 2017 n’est pas celle de 2020, et plusieurs dangers guettent Teddy Riner dans les trois ans à venir.

L’usure physique
Alors qu’il se projette sur Tokyo 2020, mais que Paris 2024 est également dans un coin de sa tête, Teddy Riner confessait récemment dans les colonnes du journal Le Monde que son corps était usé : « Je dois économiser mon corps. Après plus de dix ans sur la scène internationale, il est déjà pas mal usé. Je n’ai plus beaucoup de cartilage, j’ai de l’arthrose dans les épaules et les genoux. On m’injecte un gel contenant de l’acide hyaluronique pour que je sente moins de douleurs, que je « couine » moins… Le sport de haut niveau, c’est ça. Des efforts intenses répétés quotidiennement. Je vais avoir de plus en plus mal, j’essaie de ne pas y penser. La souffrance, c’est le prix à payer. On est un peu masochistes. Si Dieu le veut, je serai là en 2024. Mais je ne fais pas de plans sur la comète. A un moment, le corps, la tête diront qu’ils ne veulent plus. Il faudra tourner la page. »

La lassitude
A n’en pas douter le gros break que le Français a décidé de s’octroyer en 2018, correspond autant au besoin de laisser reposer son corps qu’à celui de se régénérer mentalement. Après cette longue coupure nécessaire, retrouvera-t-il la même envie, la même soif de victoire ? Acceptera-t-il d’endurer les souffrances nécessaires pour aller chercher une nouvelle médaille, alors que son palmarès est déjà inégalé ? Même s’il a déjà prouvé à de nombreuses reprises qu’il possédait un immense mental, le risque n’est pas à écarter. Son nouvel entraîneur, Laurent Calleja, a récemment souligné l’importance qu’aura le mental dans la conquête d’un nouveau titre olympique : « Rien n’est impossible avec un phénomène comme Riner. Ce sera sa tête et son physique qui feront la différence. »

Des adversaires plus forts en 2020
Le Géorgien Tushishvili a démontré à Budapest que Riner n’était pas inébranlable, à condition de prendre l’initiative et de ne pas le laisser respirer. Plus facile à dire qu’à faire, même pour le Géorgien de 22 ans, qui quelques semaines plus tard a largement été dominé lors du championnat du monde toutes catégories. S’il se relève mentalement de ce double échec, il sera l’un des prétendants les plus sérieux pour le titre olympique. Il aura alors 25 ans et aura compenser, au moins en partie, le déficit de puissance dont il souffre pour l’instant.

Pour sa première année chez les lourds, le champion olympique des moins de 100kg, Lukas Krpalek, a laissé entrevoir de belles possibilités. Cinquième à Düsseldorf, pour son premier tournoi en +100kg, il a ensuite remporté les Grands Prix d’Antalya et de Hohhot, ne concédant qu’une défaite lors des championnats d’Europe face au Géorgien Tushishvili. Absent des deux championnats du monde (Budapest et Marrakech) son premier affrontement avec Riner est remis à une date ultérieure, puisque le Français a prévu d’être absent de la scène internationale pendant plusieurs mois. Avec sa grande allonge et sa garde envahissante, Krpalek qui aura probablement gagné en masse musculaire d’ici 2020, présente un profil que le Riner n’a pas souvent rencontré et qui pourrait le gêner.

Et les Japonais ? Actuellement au creux de la vague, les lourds nippons seront très certainement beaucoup plus forts dans trois ans. Comme le faisait remarquer un confrère lors des mondiaux Open de Marrakech, lorsqu’ils sont mauvais, ils se classent tout de même troisième (Ojitani) et cinquième (Kageura). Compte tenu de leur âge, 21 ans pour Kageura et 25 ans pour Ojitani, la marge de progression est importante, notamment pour le premier. Le judo japonais qui a également démontré sa capacité à sortir des jeunes judokas de niveau mondial en très peu de temps et qui possède encore en réserve Harasawa (25 ans), Kamikawa (28 ans) et Schichinohe (29 ans), n’a certainement pas renoncé à relever le défi « Riner » pour reconquérir sur ses terres un titre olympique qui lui échappe depuis 2008.



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  • AXLEMAN - le 29/11/2017 à 05:56

    Belle analyse encore une fois! Je ne connais pas toutes les données mais je pose les questions quand même. Est-ce que ça lui arrive d'être judoka avant d'être un sportif qui ne parle que de physique, de performances, de poids, de titres, de compétitions...Au lieu de faire un Break. Pourquoi, n'irait-il pas simplement faire du JUDO?! Améliorer ses techniques, ses uchi komi, ses projections, montrer l'exemple aux jeunes. Bref, en toute modestie et humilité.