Judo : les actualités du judo en France et dans le monde - FFJDA

FFJDA vs clubs : le bras de fer est engagé FFJDA / jeudi 5 octobre 2017 / source : alljudo


Après la décision fédérale d'éloigner les entraîneurs de clubs des tatamis de l'INSEP, le Collectif des Entraîneurs de Club de Haut-Niveau (CECHN) a annoncé que les clubs et leurs athlètes se mettaient en grève.

C'est une crise sans précédent qui frappe le judo de haut-niveau français, puisqu'à partir de lundi les athlètes qui s'entrainent habituellement à l'INSEP déserteront le dojo du bois de Vincennes pour s'entraîner dans leurs clubs. Dans le sillage du FLAM91, et de son président Stéphane Nomis qui avait annoncé au lendemain des championnats du monde qu'il retirait ses athlètes du système fédéral, la situation de tension entre la Fédération et les clubs n'a fait qu'empirer.

En réponse à cela, Jean-Luc Rougé le président de la Fédération Française de Judo, affichait dans le quotidien L'Équipe du 8 septembre une désinvolture de façade: « S'il y en a qui veulent s'en aller, qu'ils le fassent. S'ils optent pour une préparation de leur côté et que ça marche, tant mieux pour eux. En tout cas, ça ne me gêne pas ».

Pourtant deux semaines plus tard, le 27 septembre, l'ensemble des clubs de haut-niveau (entraineurs et présidents) étaient réunis en présence de Jean-Luc Rougé, Jean-Claude Senaud (Directeur Technique National) et Jean-Pierre Tripet. L'heure n'était malheureusement déjà plus au dialogue, puisque le DTN annonçait que les entraineurs de clubs ne pourraient venir à l'INSEP plus que deux fois par semaine (au lieu de trois), mais surtout qu'ils devraient assister aux entrainements en tribune et en silence. Un choix entièrement assumée par Jean-Luc Rougé qui a même revendiqué cette décision.

La nouvelle a été particulièrement mal accueillie aussi bien sur la forme -très brutale-, que sur le fond, puisqu'elle tend à désigner les clubs comme étant les responsables de l'échec français lors des championnats du Monde de Budapest. Suite à cette annonce la réunion s'est poursuivie dans une atmosphère houleuse, et certains apôtres du code moral, n'ont pas hésité à bafouer les règles les plus élémentaires de la politesse et du respect.

En réponse à cette manière d'agir dictatoriale émanant d'une Fédération qui a oublié qu'elle était là pour fédérer, le Collectif des Entraîneurs de Club de Haut-Niveau (CECHN) a décidé, lors d'une réunion qui s'est tenue lundi, d'un mouvement de grève -adopté à l'unanimité- et a adressé un courrier collégial à la Fédération Française de Judo, ainsi qu'au CNOSF et au Ministère des Sports pour expliquer ses revendications.

Du côté fédéral on a déjà pris les devants, avant même que ce courrier ne soit rendu officiel, en menaçant les athlètes de sanctions financières et de non-sélections internationales pour ceux qui ne participeront pas au stage qui débutera lundi avec l'Azerbaidjan, la Belgique et le Maroc. Selon nos informations une réunion de crise du Comité Directeur est prévue dimanche à 9 heures, preuve que le feu qui embrase le judo français, s'est déjà très largement propagé.

La lettre envoyée par le CHEHN :

« Monsieur le Président,
Lors des derniers championnats du monde de judo, qui se sont déroulés à Budapest du 28 août au 3 septembre, seules trois médailles ont été remportées en épreuves individuelles, incluant le titre de Teddy Riner. Malgré notre 2ème rang mondial au classement des nations, l'ensemble des acteurs concernés tant au niveau des clubs que de l'encadrement fédéral convient que le bilan est très mitigé. L'absence d'athlètes classés dans les 7 premiers semble d'autant plus préoccupante dans la perspective d'atteindre les objectifs de médailles fixés pour Tokyo 2020 et Paris 2024.

Au retour de ce championnat, vous avez décidé que les entraîneurs de clubs, jusqu'alors autorisés à encadrer leurs judokas à l'INSEP à raison de 3 séances par semaine, se verront désormais refuser l'accès au tatami et la possibilité de parler aux athlètes pendant toute la durée de la séance. Cette décision unilatérale nous a été livrée de façon brutale, lors de la réunion du mercredi 27 septembre 2017. Malgré les arguments donnés en faveur du respect de tous, d'une collaboration saine, dans l'intérêt des athlètes, il ressort de cette réunion que les entraîneurs de clubs adoptent nous vous citons, des comportements 'non professionnels' responsables d'une forme de 'cacophonie'. Autrement dit, les entraîneurs de clubs seraient seuls responsables de l'échec de Budapest. 'Nous ne voulons plus vous voir' précise Jean Claude Senaud dès lors que nous soulevons les incohérences d'un discours de façade visant à masquer cette unique réalité.

En conséquences, 17 entraîneurs des clubs de haut niveau représentant à ce jour 19 clubs (Blanc Mesnil, Brive, Champigny, Chilly-Mazarin, Flam 91, Limoges, Maisons-Alfort, Montreuil, Mulhouse, Nice, Orléans, Paris XX, Pontault-Combault, Sainte Geneviève, Sartrouville et Sucy en Brie), choqués par le manque de concertation, d'écoute et de respect des méthodes employées pour écarter les entraîneurs de clubs de l'INSEP se sont réunis lundi 2 octobre 2017 afin d'envisager une réponse collective à cette décision.
Nous vous informons par le présent courrier que nous avons décidé à l'unanimité des personnes présentes et soutenus par les entraîneurs absents mais solidaires de cette réunion (Marseille, Marnaval, Boulogne, Blanc Mesnil, Eure) d'engager un mouvement de grève qui débutera le lundi 9 octobre, pour une durée indéterminée. Au cours de cette période, l'ensemble des entraîneurs de clubs et des athlètes volontaires des groupes élites, séniors A et B, collectifs nationaux et jeunes seront absents des entraînements proposés à l'INSEP, sous la direction des entraîneurs nationaux. Des alternatives seront mises en place par les clubs de haut niveau, solidaires de l'opération, afin de maintenir l'entraînement des athlètes en vue des différentes échéances qui sont les leurs.

Nous vous demandons pour envisager l'arrêt de ce mouvement qu'un collectif représentatif des clubs et des athlètes concernés soit reçu dans les meilleurs délais, en dehors des locaux de la fédération, pour organiser une réelle concertation dont la finalité consiste à rédiger ensemble une convention intégrant les prérogatives, droits et devoirs de chacun.
Parmi nos revendications, nous demandons notamment :
- la reconnaissance officielle d'un comité des clubs de haut niveau, dont les représentants seront désignés par la voie démocratique, et impliqués pour participer au schéma de performance de la FFJDA, en vue des olympiades 2020 et 2024.
- la revalorisation du statut des entraîneurs de clubs sur les tapis de l'INSEP.
- la fin de la double mission des entraîneurs nationaux de préparer et de sélectionner les judokas pour les tournois et compétitions de référence.
- la mise en place d'un outil de sélection permettant de garantir la transparence et la neutralité des décisions, comme une ranking liste nationale
- l'ouverture aux clubs des Grand Prix et des Grand Slam sur lesquels la FFJDA ne peut ou ne souhaite pas s'engager, afin d'optimiser la représentation des combattants français sur le circuit mondial
- le recrutement en urgence d'un préparateur physique attitré pour les athlètes masculins.
- la modification du système d'accès au championnat de France individuel 1ère division
Nous nous réservons le droit de prolonger ou de suspendre ce mouvement de grève à l'issue de cette première réunion, en fonction des avancées de la négociation.
Monsieur le Président, la performance des judokas français lors des prochains Jeux Olympiques de Tokyo, suivis des Jeux de Paris 2024, dépend précisément des décisions que vous saurez prendre maintenant. L'inclusion de l'ensemble des acteurs concernés nous semble essentielle si l'on souhaite agréger toutes les compétences nécessaires pour accompagner nos athlètes sur le chemin de la haute performance. C'est bien dans cette unique perspective que nous conduisons ce mouvement, avec la volonté de moderniser nos pratiques, au service des athlètes.
Dans l'attente de votre retour, nous vous prions, Monsieur le Président, d'agréer l'expression de nos sentiments distingués. »

Ce courrier a été co-signé par :
ALAOUI Abder JC Chilly - MAZARIN
AUDUC Stéphane Sucy Judo / Olympic Judo Nice
AVRIL Guillaume CO La Couronnes
BELLARD Franck JC Pontault-Combault
BENABDELMOUMENE Ashour Blanc Mesnil Sport Judo
BERKI Rachid RSC Montreuil
BLASQUEZ Fernando AC Boulogne Billancourt
BORDERIEUX Alexandre AJA Paris XX
BOSCH Laurent Sainte Geneviève Sport
CARILLON Franck Sainte Geneviève Sport
CARRIERE Renaud Nice judo
CLERGET Francis JC Marnaval Saint Dizier
DAHLI Nacer RSC Montreuil / OM judo
DAHLI Karim RC Villeneuve Le Roi
DESPEZELLE Eric AJA Paris XX
DIBERT Thierry JC Pontault-Combault
FIKRI Achraf AJ Limoges
FRITSCH Anthony Multi club
HAREL Barbara RSC Champigny
JOUANNEAU Laurent Blanc Mesnil
LEBRUN Céline ACS Peugot Mulhouse
LEROY Baptiste FLAM 91
MARTINS Celso Sainte Geneviève Sport
MASSIMINO Vincent CO Sartrouville
MELICINE Olivier Eure Judo
NOMIS Stéphane FLAM 91
PUGET Bastien OM Judo
RICHARD Marine JC Maisons - Alfort
RODRIGUEZ Anthony US Orléans
SCHMITT Alain Blanc Mesnil
TROMPILLE Stéphane JC Maisons - Alforf



Réagir à cet article

  • NANY - le 08/10/2017 à 06:55

    Il faut repartir avec un vrai projet et de nouveaux dirigeants, sinon le judo Français va s'enliser dans une totale médiocrité et un désastre sans précédent ! On ne peut continuer avec un tel mépris des acteurs et formateurs du judo Français cad les clubs de la base et du HN, les profs et coachs, les pratiquants