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Hécatombe chez les bleus Article / mardi 11 avril 2017 / source : alljudo


Après un début d'année que le staff avait souhaité chargé en compétitions c'est l'hécatombe chez les masculins. On ne compte plus les blessés, et le planning des derniers mois interpelle.

Janvier 2017, nouveau staff et nouvelles ambitions du côté de l'équipe de France masculine. Franck Chambilly prend la tête d'un trio complété par Christophe Massina et Richard Mélillo. Le changement c'est maintenant ! En annonçant quatre compétitions consécutives pour les meilleurs tricolores, le ton est donné.

Dommages collatéraux
Ce rythme intensif, souhaité par le staff en début de cycle olympique, n'allait pas tarder à produire ses premiers dommages collatéraux sur des athlètes pas vraiment concertés.

Première victime, ou premier 'cobaye' à flancher physiquement : Kilian Le Blouch, qui n'est pourtant ni le moins solide, ni le moins courageux. Après une course olympique de presque deux ans, qui l'avait vu coiffer sur le poteau David Larose et Loïc Korval, Le Blouch avait fait son retour sur les tatamis, en moins de 73kg lors des championnats de France en novembre, puis il était aligné début février au Portugal, une semaine avant le tournoi de Paris. Le leader français des moins de 66 kg était revenu de Lisbonne avec une médaille d'argent en plus...  et une épaule en moins.

Second sur la liste : Axel Clerget (-90kg). Finaliste à Paris, il s'était hissé à ce moment-là à la deuxième place du classement mondial, avant de se blesser le lendemain, le premier jour du stage international, avec une rupture partielle du ligament interne du genou. Connu pour être un bosseur, médaillé six fois sur des tournois internationaux depuis janvier 2016, était-il indispensable qu'il soit sur le tatami les jours suivants sa finale à Paris ? Quelques semaines plus tard la malchance s'en mêlait et il subissait une crise d'appendicite, avant de devoir différer une nouvelle fois son retour sur les tatamis en raison d'une pubalgie. A neuf jours du début des championnats d'Europe il n'a pas encore repris les randoris mais il aura au moins la chance de pouvoir prendre part à l'évènement ce qui n'est pas le cas de tous.

On pense notamment au sélectionné olympique des moins de 60kg, Walide Khyar qui s'est gravement blessé à la cheville en février, au Grand Prix de Dusseldorf, pour ce qui était son troisième tournoi d'affilée. Une blessure qui allait le priver de pouvoir défendre son titre européen, et qui allait laisser l'opportunité à Vincent Limare de prendre part à la compétition. Mais c'était sans compter sur une nouvelle blessure d'un tricolore. En effet, le numéro 15 mondial a annoncé hier son forfait suite à une entorse de l'acromio-claviculaire. C'est donc finalement Vincent Manquest qui se faufile aux côtés de Cédric Revol dans cette catégorie, qui a perdu ses deux leaders en quelques semaines.

Des athlètes fatigués
Médaillé olympique, champion de France et médaillé à Paris, Cyrille Maret a dû ralentir sa préparation suite à des douleurs au dos, Loic Korval (-73kg) a une douleur persistante aux ischios-jambiers et Cédric Revol souffre de l'épaule. Le jeune Aurélien Diesse, initiellement réserve sur ce championnat et que l'on a voulu endurcir, est ‘out' pour les 'Europe' et pour plusieurs mois. L'équipe de France est boiteuse et une partie des athlètes se sentent fatigués tôt dans la saison.

Certains l'ont fait savoir, comme Axel Clerget et Cyrille Maret qui ont évoqué leur désir de ne pas prendre part à la compétition par équipes, afin de se préserver pour la suite. Ont-ils été entendus ? Pas sûr, puisque le staff ne prévoit pas à ce jour d'emmener des athlètes pouvant les suppléer. Une décision assez déroutante quand on sait que ces deux athlètes ont toujours joué le jeu des équipes aussi bien en club qu'en équipe de France.

Loïc Pietri qui commence à trouver ses marques en moins de 90kg aurait pu être aligné en équipe. Forte tête, le triple médaillé mondial et olympique, avait fait savoir tôt dans la saison qu'il ne participerait pas aux championnats de France, et qu'il reprendrait à son rythme sur la scène internationale. Sa montée en puissance au cours des dernières semaines ont l'air de lui donner raison. Lui fait-on payer au prix d'une non-sélection ? La question se pose.

Alors à qui la faute ?
Aux athlètes qui ne savent pas profiter des périodes de repos pour récupérer et qui gèrent mal leurs descentes au poids ? Au calendrier de plus en plus chargé ? Au nouveau staff qui a voulu imposer un rythme très soutenu d'entraînements et de compétitions ? Comme toujours en pareil cas, les causes peuvent être multiples, mais force est de constater que l'équipe de France arrive affaiblie sur les championnats d'Europe.

 



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  • gegedu29 - le 17/04/2017 à 11:30

    Le sport de haut niveau à considérablement évolué. Outre l'aspect purement "judo", la gestion des autres paramètres me parait très en retard par rapport à certains sports: Nutrition, notion de mésocycle, macrocycle, gestion des paramètres externes (psychiques, etc...) Bref, tout ça me parait très empirique voire relevant de l'amateurisme du sport en école primaire. (Dans l'antiquité, on pensait que manger du poisson aidait à nager plus vite!!!! ça a un peu évolué depuis !!!) Si on rajoute les querelles de clochers entre clubs, fédé, personnalités et un certain cloisonnement qui ne favorise pas une prise en charge globale de l'athlète, pas très surprenant que l'on perdure dans l'approximatif généralisé avec, à la clé, des performances et un sport en perte de vitesse.

  • AXLEMAN - le 13/04/2017 à 09:34

    A qui la faute!? Pas à une seule chose c'est sur mais à l'agrégation de toutes les choses cités plus haut...Par contre, je trouve toujours absurde de participer à un stage (quel qu’il soit) après une compétition de 5 gros combats. C'est si compliqué de se reposer!!