A la découverte de la Mongolie

Judo : les actualités du judo en France et dans le monde / Article / mercredi 23 janvier 2013 /


Rodolphe,le père d’Ugo Legrand, est devenu en quelques années l’interlocuteur privilégié du judo mongol. Sur place il a noué de nombreux contacts, et il essaye à travers l’association Semedo, de faciliter les séjours de judokas français en Mongolie.

«Je n'ai pas eu d'explication mais je pense que c'était un remerciement parce que nous entraînions des jeunes mongols». C'est ainsi que Rodolphe Legrand, fondateur et professeur du JC Grand Quevilly, justifie l'invitation reçue en 2009 de la part de la fédération mongole. Sans hésiter, il part à la découverte de ce judo et de ce pays : «La Mongolie c'était une première, je ne connaissais pas ce judo. Pour moi, la référence, c'était le judo japonais».

Pendant douze jours il va vivre en contact direct avec le centre national d'entraînement d'Oulan-Bator. Accompagné par un traducteur, il vit des moments inoubliables, allant même jusqu'à dispenser quelques cours de judo. «Quand vous allez en Mongolie, tout le monde est à vos petits soins. Ils sont heureux de vous recevoir, c'est vraiment génial» confirme-t-il.

Ravi de son expérience, et désireux de la faire partager, Rodolphe Legrand incite l'US Orléans, où est licencié son fils Ugo, à s'y rendre. Le stage est un succès et suite à cela ce sont les équipes de France masculines et féminines qui vont à leur tour faire le voyage vers le pays des steppes. A chaque fois les judokas vivent des expériences hors du commun et ils restent marqués par le centre national et son tapis gigantesque. Mais ce qui frappe surtout c'est l'engagement hors-norme des Mongols lorsqu'ils s'entraînent.

Durant les séances, l'intensité est extrême avec beaucoup de randoris.«Cela n'a rien à voir avec notre façon à nous de faire randori. On n'est pas dans le même contexte, c'est très engagé» souligne Rodolphe Legrand avant de livrer un conseil à ceux qui souhaiteraient s'y rendre : «il faut au moins un niveau national deuxième division pour prendre du plaisir durant les séances». Pourtant malgré cet engagement hors-normes, l'ambiance est très joyeuse sur les tatamis. Leur philosophie ? Prendre du plaisir, s'amuser durant les combats tout en faisant preuve de détermination.

«Ça peut très mal se passer, si on transgresse ces codes»
En contact permanent avec l'équipe nationale qui vient régulièrement s'entraîner à Grand Quevilly, Rodolphe Legrand est devenu un interlocuteur privilégié du judo mongol. «Ils veulent se confronter avec les Européens et viennent chercher des informations techniques différentes car on ne pratique pas le même judo» affirme-t-il,«le kumi-kata, peu pratiqué dans ce pays, en est le parfait exemple.»

Pour faciliter et développer les échanges entre les judokas français et mongols, Rodolphe a créé Semedo, une association qu'il dirige depuis trois ans : «nous sommes en liaison directe avec la Fédération Mongole de Judo, nous avons des interprètes et des hôtels. Quand j'étais sur place, j'ai mis en place tous ces contacts. Grâce à cela nous pouvons aider les clubs à construire leur séjour en Mongolie et œuvrer pour que leurs démarches aboutissent car c'est un pays où il y a beaucoup de corruption.»

Si les judokas mongols sont devenus des habitués du circuit international, le pays lui, ne se laissent pas pénétrer aussi facilement. Les journalistes de l'émission Intérieur Sport sur Canal Plus peuvent en témoigner. «Cela faisait deux ans qu'ils voulaient tourner un reportageen Mongolie, mais ils ne parvenaient pas à le mettre en place faute d'interlocuteur. Grâce à mes contacts j'ai pu régler le problème en une semaine» révèle Rodolphe, qui déconseille de s'y rendre sans être accompagné. «Les Mongols ont des codes de communication et des traditions très spécifiques. Par exemple, si quelqu'un regarde une personne dans les yeux, cela signifie qu'il la sous-estime. C'est aussi un manque respect de s'adresser à quelqu'un avant qu'il nous ait dit bonjour. Si on transgresse certains codes, cela peut très mal se passer.»

«Il faut aller voir les vrais nomades»
Pourtant une fois passées ces barrières culturelles, on peut facilement se plonger dans la ferveur et dans l'enthousiasme du peuple mongol, notamment en assistant à l'un de ces fameux tournois de lutte qui suscitent un engouement incroyable. «C'est une folie» raconte Rodolphe Legrand «c'est un autre monde, cela n'a rien à voir avec les tournois de judo en France. Il y a beaucoup d'effervescence, les gens parient et les lutteurs mongols peuvent gagner de grosses sommes d'argent.»

Autre moment incontournable et très prisé : les balades dans la Steppe. «Ça vaut le détour, il faut passer une nuit aux côtés des nomades qui sont très accueillant. Cela permet de mieux comprendre leur culture» explique le père du médaillé olympique. Pour lui, l'intérêt touristique se situe ici, dans la Steppe, car il n'y a pas de monuments à voir et peu d'intérêt sur le plan architectural en Mongolie. « Si une personne passe par une agence de tourisme, elle séjournera dans un hôtel, verra des faux nomades, mais ce n'est pas comme cela qu'il faut vivre la Mongolie.»


Ugo Legrand :
«C'est sûrement l'un de mes plus beaux voyages mais aussi le plus rude!

Il faut être prêt physiquement pour aller là-bas, que ce soit pour le judo mais aussi pour les conditions climatiques, avec des conditions extrêmes en terme de température.

Pour parler de la population de manière générale, on peut dire que ce sont des personnes souriantes, accueillantes et généreuses. Les judokas je n'en parle même pas... ils sont tellement à nos petits soins, que cela en est presque gênant.

Au niveau du judo, il faut être bien entraîné, car il n'y a pas de demi-mesure ! Dès qu'ils entendent ‘hajimé', c'est la guerre ! Et dès que le ‘matté' retenti ça y est ce sont tes potes ! Ca surprend un peu au début et après tu t'y fais plutôt bien. Au niveau de l'intensité c'est pire que le Japon !

C'est un pays où la vie est rude et il ne faut être difficile avec l'alimentation. Il ne faut pas s'attendre à manger Mac Do... au menu c'est du cheval, du lait fermenté, des soupes, du fromage citronné et salé, des plats pas très alléchants au premier abord.

Les paysages, ce n'est même pas imaginables... quand tu sors de ta yourte à cinq heures du matin et que le ciel est rose et bleu, c'est à couper le souffle.

Alors si j'ai un conseil à donner, foncez en Mongolie, mais avant entrainez-vous ... et n'oubliez pas votre appareil photo ! »


Demande de renseignements pour organiser un stage en Mongolie


Tsagaanbaatar, le guerrier des steppes

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