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Frédéric Demontfaucon : ' j'ai été déçu' Interview / mardi 27 mars 2007 / source : alljudo.net


Déçu de ne pas avoir été sélectionné en moins de 90 kg pour les prochains championnats d'Europe, Frédéric Demontafaucon évoque sa nouvelle vie en province, sa préparation et la suite de sa carrière.

Depuis le début de la saison tu n’es plus à temps plein sur Paris, quelles sont les circonstances qui t’ont amené à t’éloigner de la capitale ?
Avec mon épouse nous avons acheté un moulin dans le sud de la France pour y faire des chambres d’hôtes, j’ai donc du trouver des solutions pour concilier éloignement et judo de haut-niveau. Je m’entraîne seul une partie du temps et je participe aux stages de l’équipe de France, aux stages de préparation pour les grands championnats. Il y a une relation de confiance avec les entraîneurs, qui me connaissent et qui savent que depuis quelques années déjà, j’assume seul une partie de ma préparation.

En quoi consistent tes entraînements lorsque tu n’es pas à Paris ?
Il y a une partie de préparation physique que j’effectue en collaboration avec le préparateur qui me suit depuis la période 1999-2000, et une partie judo que j’essaye de mettre en place dans les clubs de la région. Je vais notamment à Montauban, mais c’est difficile de trouver des partenaires et je dois vivre au rythme des clubs car il n’y a pas de structure fédérale à proximité. Je réalise également un travail technique avec Jean-Pierre Gibert qui donne des cours dans la région et qui continue d’intervenir dans ma préparation.

Quel est le contenu de ces séances techniques avec Jean-Pierre Gibert?
C’est varié, on continue de chercher des choses nouvelles pour garder l’aspect ludique du judo. Depuis quelques temps je travaille sode-tsuri-komi-goshi et cela commence à venir en combat, puis je continue toujours de travailler yoko-tomoe-nage pour essayer d’y apporter de nouveaux éléments, ainsi que le newaza.

Le uchimata que tu marques face à Izumi lors de la Coupe du Monde des nations, c’est un mouvement que tu as également travaillé ?
Non pas spécialement. Je suis capable de faire beaucoup de techniques différentes, et à un moment il y a quelque chose qui sort, c’est le mystère, on ne sait pas quand ça arrive, c’est de l’ordre de la sensation, comme le seoi-nage que je réussis aux Jeux Olympiques, c’est l’une des premières fois que je marquais sur cette attaque. Mais, pour cela, je travaille toujours avec une grande variété de techniques lors des séances d’uchikomi.

Dans quel état d’esprit est tu après ta sélection pour les championnats d’Europe en moins de 100 kg ?
Sur le moment, quand j’ai appris que je n’étais pas retenu en moins de 90 kg, j’étais très déçu. Au départ, j’ai eu l’annonce brute sans explications. La sélection de Brisson n’est pas imméritée, mais j’ai remporté les championnats de France et le tournoi de Hongrie, et je me suis demandé ce qu’il fallait faire de plus. D’autre part si les sélectionneurs comptaient sur moi en moins de 100 kg, notamment pour aller chercher le quota pour les Jeux, ils auraient pu me sélectionner directement sans me faire disputer de poule qualificative. Maintenant j’essaye de voir les choses de manière différente, j’ai la chance de pouvoir disputer de nouveau un grand championnat, et pour une fois je vais pouvoir l’aborder avec plus de décontraction. Il y aura peut-être une bonne surprise au bout.

Tu as déjà combattu dans cette catégorie ?
J’ai disputé un championnat de France en 2004. Ce n’était pas pour éviter le régime mais pour rencontrer d’autres adversaires que ceux que je rencontrais habituellement. Cela m’enlevait aussi un peu de pression. Je fais parti de ceux qui ont toujours disputé les championnats de France et cela m’avait permis de les aborder sans pression. Puis il y a mon combat face à Gasymov, le champion d’Europe des moins de 100 kg, que j’ai battu lors de la Coupe du Monde des Nations. L’idée des sélectionneurs de me sélectionner dans cette catégorie a peut-être commencé à germer à ce moment- là.

Au niveau du poids tu auras l’avantage de ne pas avoir à faire de régime ?
Je n’ai jamais eu de problème pour faire le poids. Mon poids de forme, qui est celui que je fais actuellement, est de 93 kg. En fait il suffit que j’arrête de manger des cacahuètes et je suis à moins de 90 kg !

La catégorie des moins de 90 kg est très relevée avec des adversaires comme Kaldhoun, Daffreville, Brisson ou encore Humbert. C'est ennuyeux d’avoir une telle concurrence au niveau national ?
‘A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire’. Lorsque l’on réussit à être le premier, avec de tels adversaires, c’est très valorisant. J’ai l’habitude de la concurrence, car on a toujours été deux ou trois à postuler pour une place de titulaire dans cette catégorie. D’autre part c’est intéressant de pouvoir s’entraîner avec des partenaires de cette qualité, cela augmente sans doute les chances d’avoir des résultats au niveau international.

As tu planifié la fin de ta carrière ?
J’avais annoncé que j’irai jusqu’au Jeux Olympiques de 2008. Cela ne signifie pas que j’arrêterai après, cela veux juste dire que je vais au moins jusqu’aux Jeux. Chaque saison je fais un bilan et j’en tire les conclusions, je vais continuer de faire la même chose, et lorsque je sentirai le moment venu j’arrêterai. En tout les cas ce sera plus facile de partir en sachant que la catégorie peux compter sur une belle relève.

La biographie de Frédéric Demontfaucon



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