actualité > Article > Riner n'a pas tremblé

Riner n'a pas tremblé

Article / vendredi 3 aout 2012 / source : alljudo.net
Teddy Riner n'a pas tremblé
erreur erreur erreur erreur erreur erreur


Grandissime favori des +100 kg, Teddy Riner remporte son premier titre olympique avec réalisme et sang-froid. Anne-Sophie Mondière est sortie dès le 1e tour.

La méthode Riner
Souriant et décontracté dans la vie, c'est un Teddy Riner froid et déterminé qui a remporté sans fioritures son premier titre olympique. Aujourd'hui, c'est d'abord sur un travail de domination physique que Teddy Riner a construit ses victoires, ne concluant techniquement que le combat que contre le Tunisien Jaballah (uchi-mata) et celui contre le Cubain Bryson (osae-komi). Le Polonais Wojnarowicz (au 1e tour) et le Coréen Kim (en demi-finale) se sont inclinés aux shidos, impuissants, passés à la moulinette de la garde haute du Français et de ses attaques de jambes suffisamment fortes pour asseoir sa domination.

En finale le choc avec Alexander Mikhaylin n'a pas vraiment eu lieu. Même si la tension était palpable après que Riner ait refusé de lui taper dans la main, le « tsar » a subit la garde de fer du Français une grande partie du combat. En grand danger sur un de-ashi-barai et sur un uchi-mata, Mikhaylin n'a jamais été en mesure d'attaquer et il termine le combat avec trois shidos dans la musette, contre un pour Riner.

N'en déplaise à ceux qui auraient voulu voir de belles envolées, Teddy Riner a réussi là ou beaucoup ont échoué cette semaine : s'imposer en étant le favori. Benoît Campargue, son entraîneur national le reconnaissait d'ailleurs volontiers : « il a été très prudent car il avait une grosse pression. Aujourd'hui quel que soit le chemin emprunté, il fallait qu'il y arrive ».

La der‘ de Mondière
Pour ce qui étaient ses derniers grands championnats Anne-Sophie Mondière est sorti dès le premier tour face à la Brésilienne Althemann et ses 120 kg, qui terminera cinquième de la compétition. Visiblement bien en jambes, Ann-So' s'est faite contrer sur une tentative de seoi-nage par yoko-guruma après une minute de combat. Obligée de courir après le score, elle parviendra à déstabiliser une fois la Brésilienne sans réussir à marquer. Une page se tourne dans cette catégorie ou désormais Ketty Mathé va devoir endosser le costume de leader.

On gardera d'Anne-Sophie le souvenir d'une combattante technique, qui avait choisi en 2002 de venir défier les lourdes dans la catégorie des plus de 78 kg, et qui malgré son petit gabarit achève sa carrière avec cinq titres européens et trois médailles mondiales, respect.

Ortiz fait tomber la muraille de Chine
Il faut bien reconnaître que malgré ses cheveux rouges-bleus-blancs au couleur de son pays, et sa victoire en quarts sur la Russe Ivashcenko on n'avait pas tellement prêté attention à la Cubaine Ortiz. Et pour être tout à fait franc, on voyait mal comment elle allait pouvoir se sortir des griffes de l'ogresse chinoise Tong Wen en demie. Mais voilà, la Cubaine, et son coach Ronaldo Veitia, avaient bien préparé leur affaire avec un plan de bataille millimétré. Le principe empêché la Chinoise de s'installer en lançant systématiquement des attaques en seoi à genou avant qu'elle n'ait pu placer ses mains. La deuxième consigne était de défendre tout de suite très vite et très fort lors des passages au sol, pour éviter que Tong Wen ne puisse placer son retournement façon « rouleau compresseur ». Enfin il fallait trouver une façon de marquer, et ça c'est la Chinoise qui allait lui en donner l'occasion avec un uchi-mata mal préparé que la Cubaine contrait pour yuko. Sur la lancée de sa victoire contre l'invincible Chinoise, Ortiz remportait aux drapeaux la finale contre la Japonaise Sugimoto à l'issue d'un combat agréable à suivre - on le souligne car ce n'a pas été souvent le cas aujourd'hui - ses seoi-nage et ses sasae répondant aux harai-goshi de la Japonaise. Cette victoire est une belle récompense pour l'école cubaine, toujours là malgré les difficultés économiques, et pour cette lourde, déjà médaillée à pékin, et qui fait bien judo.

Le triomphe russe
L'impressionnante armada russe a rempli son objectif en terminant première nation, grâce uniquement à son équipe masculine qui remporte trois titres, une médaille d'argent et une médaille de bronze. La France est juste derrière avec un titre en moins mais une médaille en plus, devant la Corée (3e) et le Japon (4e). A ce jour le Japon avait toujours terminé première nation, sauf à Séoul où il s'était classé troisième, c'est dire l'ampleur du désastre.
On retiendra également le bon comportement des judokas des Amériques, les Cubains (5e) , les Brésiliens (6e) et les Américains (7e), qui au total comptabilisent trois titres à la fin de ces jeux. C'est une première, et peut-être aussi une tendance forte pour l'avenir.

 


Pour ne rien manquer de l'actualité judo, abonnez-vous à notre newsletter
Réagir à cet article

Suggestions d'articles
Anai s'offre le Zen Nihon
le 30/04/2013 à 11:09
Commentaires