Ca bouge dans le paysage des clubs français
Article / mercredi 30 mai 2012 / source : alljudo.net
En cette fin d'olympiade plusieurs clubs vont renoncer partiellement ou complétement à leurs sections haut-niveau, tandis que d'autres affichent de nouvelles ambitions. Tour d'horizon.
Troisième des derniers championnats de France 1e division par équipes, l'OJ Nice arrive sans doute à un tournant de son histoire. Son partenaire principal Kobalt s'était engagé sur une olympiade, mais il ne renouvellera pas, ou pas dans les mêmes proportions. Fort de ses succès sportifs, le club espérait obtenir une subvention municipale à la hauteur de ses résultats et de ses ambitions, mais il n'en est rien. Du coup le groupe haut-niveau est en passe de perdre une partie de ses effectifs, et le budget de 200 000 euros sera revu à la baisse. Pourtant les dirigeants continuent de se battre et ils font le forcing auprès de la mairie pour obtenir les moyens de conserver Loic Pietri, qui est Niçois d'origine, et Sofiane Milous qui est devenu le leader de sa catégorie après son passage à Nice. « On aurait apprécié d'être soutenu par la fédération dans nos démarche auprès de la Ville de Nice» confesse Mohamed Otman le directeur technique du club, « mais maintenant tout ne s'arrête pas. Nous disposons d'un réservoir de jeunes de très grande qualité qui ont été champions de France cadets par équipes en 2011, qui ont été formés au club pour la plupart et que nous allons essayer d'amener au plus haut-niveau dans les années à venir. »
Clap de Fin pour le Lagardère Paris, qui arrête le haut-niveau. Sentant le vent tourner Thierry Rey avait déjà quitté la présidence du club fin 2010 suite à des baisses successives de budget. Seuls les deux qualifiés olympiques Lucie Decosse et Romain Buffet sont conservés (mais pour combien de temps ?), les autres judokas, parmi lesquels on compte la championne du monde Morgane Ribout et la championne d'Europe Pénélope Bonna, se retrouvent sur le marché. L'aventure Lagardère dans le judo français aura duré cinq ans avec à l'arrivée un bilan mitigé : des succès sportifs d'un côté, mais de l'autre un sentiment d'inachevé et de gâchis avec notamment la disparition du Racing Club de France.
Après avoir mené un politique ambitieuse chez les garçons, l'AM Asnières, se consacrera en priorité aux filles à partir de la saison prochaine, et plusieurs de ses masculins pourraient donc partir.
Du côté des bonnes nouvelles, la future montée en puissance de l'AJ91LM, sous la houlette de son nouveau président Stéphane Nomis a de quoi séduire (lire l'interview de Stéphane Nomis). Il y a fort à parier que le club de l'Essonne va pouvoir se renforcer plus rapidement que prévu compte tenu du nombre important de judokas à la recherche d'un club en cette fin de saison.
L'ACBB qui jusqu'à présent concentrait ses forces de manière quasi exclusive sur les garçons, arrive chez les filles avec des moyens et des ambitions. Même si pour l'instant nous ne connaissons pas la teneur de ce projet, on peut déjà se réjouir de voir arriver un nouveau groupe féminin.
En toile de fond à ses nombreux changements, une question revient, c'est celle du rôle de la fédération vis-à-vis des clubs de haut-niveau. A l'instar de l'OJ Nice, certains représentants des clubs de l'élite reconnaissent ne pas se sentir soutenus dans leurs efforts, aussi bien lorsqu'ils doivent aller à la pêche aux subventions, que lorsqu'ils essayent d'attirer de nouveaux partenaires, ou encore d'aider les athlètes au quotidien. Ils aspirent donc à ce que leur action soit plus soutenue, mais visiblement cela ne fait pas partie des intentions du DTN qui aurait signifié récemment aux entraîneurs de clubs, dans des mots assez directs, qu’en cette année olympique il avait d’autres priorités.

