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Jordan Amoros : 'je tirais trop sur la corde' Interview / mercredi 16 juin 2010 / source : alljudo.net


Touché par de nombreuses blessures lors des dernières saisons, Jordan Amoros a décidé de monter en -73kg. Il évoque sa carrière et ses projets professionnels. Interview.

Jordan, après avoir remporté les championnats de France 1e division en 2007, tu as connu une succession de blessures. Peux-tu nous retracer ce qui s'est passé depuis ce titre ?
Après mon titre en 2007, je suis sorti deux fois en tournoi, à Paris et en Hongrie, ou je n'ai pas eu de résultats, même si je pense avoir plutôt bien combattu, puis je suis ressorti pour le test olympique à Pékin, où je me classe troisième. Au début de la saison suivante, en décembre, je me romps partiellement le ligament croisé du genou lors d'un entraînement et, du coup, je ne dispute pas les championnats de France 2008.
Je recommence les compétitions deux mois après, en disputant Hambourg, puis Moscou où je me classe cinquième. Malheureusement en juin, je suis victime d'une pubalgie qui m'empêche de m'entraîner durant l'été, et, en septembre je me romps définitivement le ligament du genou, ce qui me contraint à me faire opérer.
Il s'en suit une année blanche, et je ne remets le kimono qu'en juin 2009, avec comme objectif les championnats de France 2010. En octobre je me classe troisième à Baku en Azerbaijan, mais en décembre -deux mois avant les championnats de France-, je me donne une nouvelle entorse, sur le ligament latéral interne du même genou. Finalement, je dispute les France avec une semaine d'entrainement dans les jambes, après que ma demande pour combattre en -73kg m'ai été refusée. Avec peu d'entraînement et un régime fait à la hâte, j'ai fait une compétition de m... et j'ai décidé de monter en -73 kg.


Tu ne supportais plus de faire des gros régimes ?
Non pas vraiment, je perdais 5-6 kilos, alors que d'autres, dans cette catégorie, font des régimes de 10 kilos, voir plus. Ce qui m'a vraiment incité à monter, c'est que je me suis systématiquement blessé à l'entraînement durant des périodes de régime, des périodes où je tirais trop sur la corde. D'autre part j'ai un judo explosif, et avec le régime je perdais de cette explosivité, j'avais des difficultés pour faire tomber. Je m'en sortais avec l'expérience et le travail sur les mains. En fait, avec le recul, je me dis que j'aurais du le faire dès 2007. J'avais disputé le tournoi de Besançon en 73 kg, et je l'avais emporté, mais je n'avais pas osé monter. Il y avait le club qui comptait sur moi pour les équipes et les possibilités de disputer des tournois internationaux avec l'équipe de France en 66 kg. Tous ces éléments ont fait que je n'ai pas franchi le pas.

Physiquement, as-tu fait un travail spécifique pour monter de catégorie ?
J'ai beaucoup travaillé sur les jambes, pour rééquilibrer le haut et le bas du corps et pour prévenir les blessures. Concernant le haut du corps je n'ai pas fait de travail particulier. Je travaille surtout ma vitesse et mon explosivité, c'est sur ces qualités là que je compte m'appuyer.

Quels sont tes objectifs en moins de 73 kg ?
Mon objectif c'est d'être sur le podium des championnats de France 1e division, pour avoir l'occasion de disputer des tournois internationaux. Les championnats de France ont lieu cette année en novembre et la saison va être longue, avec de nombreux tournois, et je pense qu'il y aura des occasions d'aller sur les tournois pour ceux qui seront sur les podiums 1e division. Au vu des sensations que j'ai à l'entraînement, cela me paraît vraiment jouable.

A 26 ans, si tu ne réussis pas dans ta nouvelle catégorie, pourrais-tu songer à raccrocher ?
Non pas du tout, je me laisse du temps. Je pense qu'en judo, on peut être encore performant à 33-34 ans. Gilles Bonhomme, par exemple, il est parvenu à ses fins vers l'âge de 30 ans, donc concernant la suite, je ne me donne pas de limite.

Professionnellement quels sont tes projets ?
J'ai créé il y a quelques mois deux laveries automatiques sur le thème du judo. C'est une activité qui m'apporte un complément de revenu et qui se complète bien avec ma vie d'athlète, car elle n'est pas trop gourmande en temps. J'espère développer cette affaire, puis continuer à m'y investir de manière plus importante le jour où j'arrêterai le judo de haut-niveau.

Comment en es tu arrivé à créer cette activité ?
Tu le sais certainement, dans le judo on ne gagne pas des fortunes, et on était plusieurs judokas - Benjamin Darbelet, Cyrille Maret, Bastien Puget et moi - à vouloir investir notre argent. Comme mon père travail dans ce secteur, l'idée est venue naturellement, c'est ainsi que nous avons ouvert nos deux premières laveries « Kim Blanc » à Lyon et nous espérons en ouvrir une prochaine en 2011 à Paris. Nous proposons également de développer un réseau de laverie sous forme de contrat de licence de marque pour les personnes souhaitant investir, en leur apportant une assistance, un accompagnement et pour leur faire bénéficier de notre savoir faire. Si des internautes sont intéressés, ils peuvent me contacter (Laveriekimblanc@aol.com ou 06-11-15-27-87), je leur donnerai tous les détails, car nous souhaitons en priorité travailler avec des personnes issues du milieu du judo.


Le palmarès de Jordan Amoros

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